Les données alimentaires en pratique : comment l’étude BIEN aide les chercheurs à étudier l’insécurité alimentaire et l’alimentation
L’ étude BIEN (BIENfaits importants des environnements nutritionnels) a toujours dépassé le simple cadre de la collecte de données. Elle s’intéresse à ce que ces données peuvent apporter.
La semaine dernière, Alex Pepetone, responsable du projet de recherche de BIEN, a montré comment cela se traduit concrètement lors d’une présentation dans le cadre du Cancer Prevention Research Cluster (CPRC) à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). Elle a expliqué comment les données alimentaires de l’étude BIEN pourraient aider à répondre à une question cruciale : les expériences d’insécurité alimentaire influencent-elles la qualité de l’alimentation des Canadiens ?
Qu’est-ce que le CPRC ?
Le Cancer Prevention Research Cluster est un groupe de recherche transdisciplinaire rattaché à la Faculté de santé publique et des populations de l’UBC. Étant donné qu’on estime que 40 % des cancers sont évitables, sa mission consiste à rassembler des chercheurs, des praticiens et des partenaires afin de combler le fossé entre la théorie et la pratique, c’est-à-dire l’écart entre ce que nous savons sur la prévention du cancer et ce que nous mettons réellement en œuvre dans ce domaine.
Qu’est-ce qu’Alex a présenté ?
Alex a présenté son projet de recherche sur l’insécurité alimentaire et la qualité de l’alimentation, et a expliqué en quoi les données BIEN permettent de mener à bien cette recherche.
L’insécurité alimentaire désigne le fait de ne pas avoir un accès régulier à la nourriture en raison de ressources financières limitées. Il s’agit d’un grave problème de santé publique au Canada qui peut influencer les choix alimentaires des personnes. Par exemple, le coût élevé des denrées alimentaires peut déterminer ce à quoi les gens ont accès et ce qu’ils mangent. Le fait de vivre dans un foyer en situation d’insécurité alimentaire est associé à une mauvaise santé, notamment à un risque accru de cancer. Les recherches d’Alex viseront à déterminer si l’insécurité alimentaire est liée à une alimentation de moindre qualité, un facteur susceptible d’influencer le risque de développer un cancer.
Pour ce faire, elle analysera des données alimentaires recueillies de trois manières différentes, allant de courts questionnaires à des journaux alimentaires quotidiens détaillés, et utilisera à la fois des méthodes statistiques traditionnelles et l’apprentissage automatique pour identifier des tendances dans ces données. L’étude BIEN fournit précisément le type d’informations alimentaires à grande échelle et issues de la vie réelle dont ce type de recherche a besoin pour aboutir.
Pourquoi est-ce important ?
L’alimentation est un facteur important lié à une mauvaise santé, notamment au risque de cancer. Cependant, pour comprendre le lien entre l’alimentation et le cancer, en particulier chez les personnes confrontées à des obstacles tels que l’insécurité alimentaire, il faut disposer d’ensembles de données volumineux et de grande qualité provenant de l’ensemble du pays. L’étude BIEN a été conçue pour fournir cette ressource inédite.
La présentation d’Alex s’inscrivait dans le cadre d’une initiative plus large axée sur la collaboration. Elle a identifié trois domaines dans lesquels une collaboration avec les chercheurs du CPRC pourrait renforcer ses travaux : établir un lien entre l’insécurité alimentaire, l’alimentation et la prévention du cancer, améliorer ses méthodes de recherche grâce à l’application de l’apprentissage automatique, et élargir la portée de ses résultats par le biais de la valorisation des connaissances.
« L’événement était entièrement axé sur la collaboration… il s’agissait de découvrir les points de convergence entre son travail et celui des autres, et d’explorer les possibilités qui s’offraient à nous », a déclaré Alex. « J’ai présenté trois domaines dans lesquels je pensais que la collaboration avec d’autres pourrait renforcer mes recherches et le travail mené dans le cadre de l’étude BIEN, et j’en suis reparti avec des conseils très utiles et des contacts vraiment prometteurs. »
Une vision d’ensemble
L’étude BIEN a été conçue pour permettre ce type de recherches. Chaque participant qui consigne ce qu’il mange et son activité physique, et qui fournit des informations sur son quartier, contribue à constituer un ensemble de données que les chercheurs de tout le Canada utilisent pour formuler de meilleures questions sur la santé.
La présentation et le travail d’Alex en sont un exemple, et notre équipe attend avec impatience la suite.