Des chercheurs reçoivent un financement de 2 millions de dollars pour étudier l’influence des aliments ultra-transformés sur le risque de cancer colorectal

Affichés mars 5, 2026

Selection of packaged foods in a shop

TORONTO, ON — 5 mars 2026. Une équipe de recherche canadienne nouvellement financée lance une étude multiprovinciale afin de déterminer si les aliments ultra-transformés sont liés au cancer colorectal et, le cas échéant, de quelle manière.

Le projet, baptisé UPFront (« Ultra-Processed Foods and Cancer: Advancing Evidence on the Biological Mechanisms Linking the Gut Microbiome, Ultra-Processed Foods and Cancer »),est cofinancé par une subvention de la Société canadienne du cancer et par la subvention d’équipe Bringing Biology to Cancer Prevention de l’Institut de recherche sur le cancer des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Cette étude interdisciplinaire rassemble des experts en nutrition, en biologie du cancer, en immunologie, en microbiologie, en bio-informatique et en santé des populations provenant d’institutions canadiennes et internationales.

Dirigée par la Dre Rachel Murphy (BC Cancer et Université de Colombie-Britannique), l’équipe vise à examiner comment la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) peut influencer le développement du cancer colorectal, depuis les facteurs de risque au niveau de la population jusqu’aux mécanismes biologiques à l’œuvre dans l’organisme.

Rachel, Sharon and Benoit in front of a research poster
Les docteurs Sharon Kirkpatrick, Rachel Murphy et Benoît Lamarche devant une affiche lors d’une conférence sur la recherche.

« Nous constatons une augmentation des cas de cancer colorectal chez les personnes plus jeunes, ce qui pourrait refléter l’évolution des habitudes alimentaires et de l’activité physique », a déclaré la Dre Murphy. UPFront rassemble des experts de différentes disciplines afin de mieux comprendre comment les aliments couramment consommés et leurs qualités peuvent influencer le risque de cancer colorectal et cibler les interventions visant à favoriser la santé à long terme.

Relever le défi croissant de la prévention du cancer

Le cancer colorectal est le quatrième cancer le plus fréquemment diagnostiqué au Canada et reste l’une des principales causes de décès liés au cancer, se classant au deuxième rang chez les hommes et au troisième rang chez les femmes. À l’échelle mondiale, le fardeau du cancer colorectal devrait dépasser 2,2 millions de nouveaux cas et 1,1 million de décès chaque année d’ici 2030.

Au cours des dernières décennies, les chercheurs ont également observé une augmentation des cas de cancer colorectal précoce, diagnostiqué chez des adultes de moins de 50 ans, au Canada et dans de nombreux autres pays. Cette tendance a incité à reconsidérer les recommandations actuelles en matière de dépistage, qui commencent généralement à l’âge de 50 ans pour les personnes présentant un risque moyen.

Bien que les raisons de cette augmentation ne soient pas encore entièrement comprises, les scientifiques étudient si les changements alimentaires peuvent jouer un rôle, notamment la consommation croissante d’AUTs. Ces produits industriels, tels que les snacks emballés, les boissons sucrées et de nombreux plats prêts à consommer, représentent désormais une part croissante de l’alimentation moderne, et leurs effets à long terme sur la santé sont relativement peu connus.

En accord avec le thème du Mois de la sensibilisation au cancer colorectal 2026, « Unir pour l’équité tout au long du continuum du CCR », l’équipe UPFront examinera comment l’alimentation et les facteurs biologiques interagissent pour influencer le risque de cancer colorectal dans diverses populations.

Une fondation nationale pour la découverte

L’étude UPFront s’appuie sur des données à grande échelle sur l’alimentation, la santé et les échantillons biologiques recueillies dans le cadre des études BIEN (BIENfaits importants des environnements nutritionnels) et CHARM (Caractériser l’Hétérogénéité des Apports alimentaires chez les populations Représentant des Milieux exclus par une analyse multidimensionnelle).

BIEN et CHARM font partie du Partenariat canadien pour la santé de demain (CanPath), la plus grande cohorte de santé publique au Canada. Depuis 2009, CanPath a recruté des adultes dans les dix provinces et constitue aujourd’hui l’une des collections de données sur la santé et le comportement les plus complètes du pays.

« Les grandes études nationales comme CanPath permettent aux chercheurs d’établir des liens entre le mode de vie, l’environnement et la santé au fil du temps », explique la Dre Jennifer Brooks, directrice exécutive de CanPath. « En soutenant des projets comme BIEN, CHARM et maintenant UPFront, nous contribuons à générer les données nécessaires pour faire progresser la prévention du cancer pour les générations futures. »

L’étude BIEN génère la plus grande collection de données alimentaires au Canada, en enregistrant l’apport alimentaire au cours de la dernière journée, du dernier mois et de la dernière année. CHARM complète ce travail en recueillant des échantillons biologiques (sang et selles) auprès d’un sous-groupe de participants à BIEN, dont beaucoup appartiennent à des groupes historiquement sous-représentés dans la recherche en santé en raison de facteurs tels que la discrimination, les faibles revenus et le faible niveau d’éducation. Ensemble, les données générées par BIEN et CHARM constituent la base qui rend UPFront possible.

« Pour comprendre comment l’alimentation influe sur la santé, nous avons besoin de données qui reflètent la façon dont les gens mangent réellement dans leur vie quotidienne », explique la Dre Sharon Kirkpatrick de l’Université de Waterloo, co-responsable des études BIEN et CHARM. « Les études BIEN et CHARM nous aident à brosser ce tableau dans diverses communautés au Canada, créant ainsi de nouvelles possibilités d’étudier l’alimentation et les maladies d’une manière qui n’était pas possible auparavant. »

Comprendre comment les aliments ultra-transformés peuvent influencer le risque de cancer

UPFront pose la question suivante : les UPF causent-ils le cancer colorectal ? Et si oui, comment ? Pour répondre à cette question, les chercheurs utiliseront les données alimentaires recueillies dans le cadre de BIEN, les échantillons de sang et de selles recueillis dans le cadre de CHARM, ainsi que des études complémentaires menées par les membres de l’équipe UPFront : des échantillons provenant d’une étude sur l’alimentation des UPF, un modèle animal de cancer colorectal et des modèles de l’intestin afin de mieux comprendre les effets potentiels des additifs alimentaires couramment présents dans les UPF.

Ensemble, ces études aident les chercheurs à examiner non seulement si les UPF sont liées au cancer colorectal, mais aussi quels aspects des UPF (par exemple, les nutriments ou les additifs) et comment ils peuvent affecter l’organisme de manière à augmenter le risque de cancer colorectal.

Des données démographiques aux connaissances biologiques

En combinant les données issues de la recherche sur la population, des études alimentaires contrôlées et des modèles expérimentaux sur des souris, UPFront vise à aller au-delà de la simple recherche de liens pour comprendre comment les UPF provoquent le cancer et quels composants des UPF contribuent au risque.

« Ce que nous mangeons nous apporte des nutriments et façonne le fonctionnement de notre système immunitaire et de nos microbes intestinaux », explique la Dre Kathy McCoy de l’Université de Calgary. « L’étude de ces interactions biologiques nous aide à comprendre comment les expositions quotidiennes, y compris l’alimentation, peuvent influencer le développement du cancer au fil du temps. »

Le projet comprend également de solides partenariats de mobilisation des connaissances avec des organisations telles que Heart & Stroke et Santé Canada. Ces collaborations contribueront à soutenir la transposition des résultats de la recherche dans les politiques, les pratiques et les recommandations en matière de santé publique. Santé Canada aidera à orienter le projet afin de garantir que les produits chimiques testés et les données générées soient d’une utilité maximale dans les contextes réglementaires et d’évaluation.

Les résultats du projet UPFront visent à éclairer les futures stratégies de prévention et à aider à établir des preuves qui soutiennent des systèmes alimentaires plus sains et la prise de décisions en matière de santé publique.

« L’alimentation est l’un des rares facteurs de risque de cancer sur lesquels les individus et les sociétés, en particulier, peuvent agir », explique le Dr Benoît Lamarche de l’Université Laval. « En renforçant les preuves scientifiques concernant les aliments ultra-transformés et la santé, cette recherche peut contribuer à orienter les futurs efforts de prévention et à soutenir des choix éclairés tant au niveau des politiques publiques qu’au niveau de la population. »

Plus forts ensemble

L’équipe UPFront comprend des chercheurs de BC Cancer, de l’Université de Colombie-Britannique, de l’Université de Waterloo, de l’Université Laval, de l’Université de Calgary, du BC Centre for Disease Control, du BC Children’s Hospital Research Institute, de l’Institut Pasteur, de l’Université Paris Cité et d’autres partenaires nationaux et internationaux.

L’équipe reflète une diversité de disciplines, de stades de carrière et d’expériences vécues et actuelles, ce qui renforce l’interprétation et l’application des résultats de la recherche auprès de différentes populations et communautés.

Remerciements pour le financement

UPFront est co-financé par l’intermédiaire de la Société canadienne du cancer et du programme de subventions d’équipe « Bringing Biology to Cancer Prevention » de l’Institut de recherche sur le cancer des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

L’étude BIEN est soutenue par une subvention de 1,7 million de dollars des IRSC et de plus de 400 000 dollars de BC Cancer. CHARM est soutenu par une subvention de 2,2 millions de dollars des IRSC et de Genome British Columbia.   

Pour plus d’informations ou pour organiser une interview, veuillez contacter :

Megan Fleming
Responsable des communications et de l’application des connaissances
Partenariat canadien pour la santé de demain (CanPath)
info@canpath.ca

À propos de CanPath

Le Partenariat canadien pour la santé de demain (CanPath) est la plus grande étude sur la santé des populations au Canada. Il suit des centaines de milliers de participants à travers le pays afin de soutenir la recherche sur la prévention du cancer et des maladies chroniques.